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Traverse

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blog de l'écologie politique meusienne

Quelques réflexion sur la crise agricole ...

Philippe G. —

Dans les années 50, il y avait 40% d’agriculteurs dans la société française ; aujourd’hui 2%. A ce rythme, restera t’il encore des agriculteurs demain ?
Cette fonte des effectifs est due, pour  l’essentiel, à une industrialisation de l’agriculture mondiale et à la perte de toute régulation.
La construction de la PAC (Politique Agricole Commune) et de l’Europe a été pensée pour favoriser la concurrence libre et non faussée et  donc de faire en sorte que 80% des subventions agricoles aillent dans les coffres de moins de 20% des plus gros exploitants. De plus, l’Europe ne cesse de signer des accords de libre échange au détriment de nos paysans.
Les petits éleveurs et producteurs disparaissent pour 3 raisons majeures :
Il n’y a plus de prix plancher. Par exemple le lait est payé en dessous du prix de revient par Lactalis dont le PDG a vu sa fortune (4ème française) augmenter de 20% ces dernières années. Pour les céréales, c’est la bourse de Chicago qui fixe les prix en faveur des industriels et des spéculateurs et non de nos paysans. Auparavant, jusque dans les années 80, il y avait un prix plancher.
Il n’y a plus de coefficients multiplicateurs ce qui revient à laisser les représentants de l’agroalimentaire et de la grande distribution libres de leurs prix. Auparavant, jusque dans les années 80, il y avait un tel coefficient.
Il n’y a plus de régulation, de protection. Les méga exploitations brésiliennes, néozélandaises… sont en compétition directe avec nos exploitations françaises et européennes qui elles sont soumises à des normes environnementales nécessaires pour préserver notre avenir. Auparavant cette régulation, cette protection existait jusque dans les années 80.
Il serait simple et non couteux de revenir à ces 3 pratiques A CONDITION d’abandonner le dogme libéral qui consiste à croire que seul le « marché » est en mesure d’assurer notre avenir.
Réduire les normes environnementales et vouloir faire porter le chapeau aux écologistes est la marque d’un cynisme écrasant et ne pas répondre sur le fond. Nombre d’agriculteurs rentrés chez eux doivent se sentir couillonnés à ce jour par leur syndicat majoritaire (FNSEA) et il n’y aura aucune surprise à les revoir bientôt dans la rue. Les braises restent vraiment chaudes.  

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