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Traverse

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blog de l'écologie politique meusienne

Mourir dans la dignité.

Jean-Marc F. —

 

En ce moment un projet de loi est présenté à l’Assemblée Nationale sur le droit à mourir. On réfléchit au meilleur moyen de mettre fin à une vie dans certains cas extrêmes en autorisant l’euthanasie active. Pourquoi pas ? 
Mais la majorité du problème de la fin de vie est ailleurs dans notre pays. Il concerne l’absence de services de soins palliatifs dédiés accessibles à toutes et tous sur l’ensemble du territoire. Et là ou en est-on ? À ce jour, vingt et un département n’en sont pas dotés dont la Meuse, la Haute Marne, les Ardennes et les Vosges. Fin 2021, la France comptait 171 Unités de Soins Palliatifs pour un total de 1980 lits, selon un bilan publié en mars 2023 par le Centre national des soins palliatifs et de la fin de vie (Soit 2,9 lits pour 100.000 habitants). On mesure le chemin qu’il reste à parcourir !
Le second aspect non négligeable est d’ordre culturel. L’approche de la mort reste un tabou pour beaucoup de nos concitoyens alors qu'il s'agit d'une question essentielle dans une société vieillissante. Par contre nous ne sommes pas avares de propositions pour légaliser l’euthanasie. Mais laquelle ? Celle du voisin bien sûr ! Notre relation à la mort reste perçue comme un problème essentiellement médical dont notre société a eu tendance à se dessaisir. L'attention portée à l'éthique de la sollicitude ou de la bienveillance qui vise à prendre soin de l'autre dans la globalité de ses vulnérabilités en étant à l'écoute permanente de ses besoins et de ses choix reste insuffisante.
Pour être bien à l’écoute d’une personne en fin de vie, il est essentiel de connaître ses souhaits pour cette période. Mais là aussi, on fait face à un vide sidéral. Et pourtant, il existe deux moyens simples pour faire le point : la rédaction de ses directives anticipées et la désignation d’une personne de confiance. Qui parmi nous les a rédigées ? Qui a désigné une personne de confiance qui sera l’interlocutrice privilégiée pour faire respecter nos souhaits auprès de l’équipe médicale.
On oublie trop souvent que nombre d’entre nous meurent en bonne santé, accidents de la vie ou décès subits. La mort ne survient pas automatiquement. Ce qui veut dire que la question de la fin de vie peut se poser à tout moment. Nous devons dons nous préoccuper de nos directives anticipées avant qu’il ne soit trop tard 
Allez essayez, téléchargez et commencez à remplir le formulaire, cela fait un bien fou ! La rédaction de ses directives de fin de vie et la désignation de la personne de confiance permettent d’ouvrir la réflexion et le débat. On parle de ce sujet et plus on en parle, plus on est certain de ses directives. Cela permet aussi à l’entourage d’accepter les choix de la personne, de les comprendre et de ne pas avoir besoin de les faire pour elle.
En conclusion deux axes sont essentiels pour améliorer notre fin de vie :
Le développement des unités de soins palliatifs. 
Faire connaitre et appliquer la loi actuelle qui suffit à nous permettre dans la grande majorité des cas de mourir dans la dignité.
Au lieu de ça, on fait du bruit et un grand débat autour de l’euthanasie alors que la majorité de nos concitoyens continuent à mourir seuls et ou mal accompagnés par des soignants pas assez formés et surchargés qui font ce qu’ils peuvent.
Que l’on ouvre un débat sur l’euthanasie active ou le suicide assisté ne me gêne pas. C’est même nécessaire. Mais pas maintenant, pas avant d’avoir permis à la majorité de nos concitoyens de mourir dignement. Pour moi, on met la charrue avant les bœufs. On doit d’abord se donner les moyens d’appliquer la loi actuelle et puis inclure la prise en charge spécifique des cas extrêmes.

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