DES OMBRE
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Depuis deux ans, le gouvernement Netanyahou interdit la présence de la presse étrangère sur les territoires palestiniens. Dans les communiqués de presse, les palestiniens sont réduits à des chiffres évoquant le nombre de morts. Les mots utilisés sont fréquemment édulcorés –quand ils ne sont pas travestis- pour ne pas nommer de manière précise les horreurs perpétrées. Seuls quelques humanitaires, trop rarement sur les antennes et pour des temps courts, parlent clairement et crûment de la réalité des événements.
Lorsqu’on entend que l’armée israélienne « invite » la population à quitter Gaza ville parce qu’elle va bombarder tel ou tel quartier, cela semble courtois de sa part. Si l’on ajoute que le bus coûte 500 euros pour s’éloigner de quelques dizaines de kilomètres que le prétexte de dénicher des membres du Hamas est d’une minceur extrême et qu’il condamne des dizaines de vies de civils, que les zones de repli possible sont déjà saturées de monde et grandes comme un canton meusien pour des centaines de milliers de personnes… on se met à penser les choses différemment. La neutralité médiatique fond comme neige au soleil et la prise de conscience peut conduire à l’indignation et à la révolte.
Et pourtant que ce soit dans la rue et dans les sphères dirigeantes, un certain calme plat règne. Pire, on voit apparaître de nouveaux mots tels que « palestinistes », amalgame entre palestinien et terroriste pour désigner toute personne défendant l’existence palestinienne. Ainsi, on invisible le militant ou la personne consciente en la réduisant à un épithète et on fait de chaque palestinien un terroriste en évacuant le terrible quotidien de citoyens subissant une situation terrible de guerre, de famine…
Par ailleurs, que les dirigeants politiques soient nombreux de par le monde à se payer de mots plutôt que d’actions pour prendre position dans ce conflit mais que dire des dirigeants arabes réunis le 15 septembre dans le cadre de la Ligue arabe et de l’Organisation de la coopération islamique ? Ils promettent de « soutenir toutes les mesures que le Qatar décidera de prendre en réponse à l’agression d’Israël. » Des mots . L’émir du Qatar dénonce « un terrorisme d’état qui œuvre avec persistance et méthodologie à assassiner la partie avec laquelle Israël négocie. » La Palestine n'est pas nommée.
Avons nous, voulons nous prendre réellement en compte le génocide en cours qui que nous soyons, citoyen lambda ou dirigeant ? Et ce, au moment où divers pays se prononcent pour la reconnaissance d’un état palestinien. Gesticulation diplomatique pour se donner bonne conscience ? Que faire d’un état où tous les citoyens sont morts ? Une Riviera pour se remettre de ses émotions ?
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