Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Traverse

Traverse

blog de l'écologie politique meusienne

A chacun sa bulle !

Philippe G. —

A l’heure où les termes connexion, réseau, lien social, inter génération... sont  abondamment utilisés, il n’est aucunement rare d’être renvoyé à une ultramoderne solitude. Qui ne s’est pas énervé, devant son écran, à l’occasion de démarches administratives en ligne ?
Quelques exemples :
Un frère reçoit régulièrement des amendes concernant une voiture qui n’est pas la sienne car il y a eu usurpation de carte grise. Il se rend à la gendarmerie pour le signaler. On le renvoie alors gentiment vers le site dédié sur internet. Après de longues et nombreuses tentatives infructueuses, la case « usurpation » n’existant pas, retour à la gendarmerie et nouveau  renvoi aimable vers le site ponctué d’un « bon courage ». Le serpent se mord férocement la queue. Faudra-t’il avoir recours payant à une officine de carte grise ?
N’ayant aucune carte (pas même bleue), je me rends auprès de ma banque pour effectuer deux virements. Le jeune homme au guichet me renvoie vers la machine. Je lui explique alors que je n’ai pas de carte, que je ne parle pas aux machines et que je préfère qu’il fasse les opérations puisqu’il est là. Gentiment, il me dit que cela me coutera 4,10 euros par virement.
Un ami doit placer en urgence sa mère qui habite seule à distance et qui « perd la tête ». Il entreprend toutes les démarches pour la rapatrier proche de son domicile et pour la mettre sous la protection d’une tutelle. A chaque étape (assistante sociale, banque, hôpitaux et EPHAD…), il rencontre écoute et compréhension mais reçoit impossibilité d’agir de la part de ces structures. Il doit donc se débrouiller seul et parvient partiellement à le faire moyennant beaucoup de temps, d’énergie, de patience et de résignation.
On peut aisément multiplier ce type de cas. Dans nos sociétés numérisées, les procédures sont soumises au calcul et à la rigidité déshumanisée des algorithmes. L’humain que l’on déclare partout être au cœur du système s’efface de plus en plus devant la machine et le calcul.
Face à notre « servitude volontaire » devant ce phénomène insidieux et généralisé, il n’est même pas sûr que des pannes informatiques géantes comme on vient d’en connaître provoqueraient un sursaut salutaire, une ré-appropriation de nos existences ou simplement un début de réflexion sur cette main mise numérique. Ces rapports humains  existaient pourtant il y a encore peu de temps.
Chaque jour, on voit des institutions recourir au numérique  en lieu et place du contact humain. Chacun dans sa bulle vous dis je, bien casé et docile, sans velléité de changement pendant que seuls quelques uns, de moins en moins nombreux, tirent sur nos ficelles.
 

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article