Le "cerveau reptilien"
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On voudrait nous faire croire, c'est facile, que la montée du populisme et des nationalismes sont le fruit de la perception de menaces et de réactions émotionnelles de défense, faisant appel à notre "cerveau reptilien", plutôt que par un manque avéré de moralité, d'intégrité et de droiture de la part de nos dirigeants. Le tout bien souvent masqué par un fonctionnement institutionnel en apparence intact.
C'est vrai que la peur, l’angoisse identitaire et l’attrait pour des discours simplificateurs qui promettent protection et sécurité trouvent effectivement un écho favorable dans nos mécanismes cognitifs et émotionnels très anciens.
Mais nos comportements y compris politiques et sociaux, me semblent plus complexes et ne peuvent pas être réduits à l’activation d’une seule partie primitive de notre cerveau pour autant que ce postulat soit reconnu.
D'ailleurs, la théorie dite du « cerveau triunique » de Paul Mac Lean, qui divise le cerveau humain en trois couches (reptilien, limbique et néocortex), est aujourd’hui largement remise en question par les neurosciences contemporaines. Si les réactions émotionnelles basiques jouent un rôle, elles interagissent avec des dynamiques sociales et culturelles beaucoup plus larges.
Je crois que la montée du populisme et des nationalismes résulte d'un ensemble de facteurs tels que les crises économiques et sanitaires, les inégalités sociales grandissantes, la perte de repères culturels, la défiance envers des institutions vérolées, les tourmentes gouvernementales, l'amplification des émotions collectives par les réseaux sociaux, etc.
Si nous ne voulons pas voir le RN, un jour prendre le pouvoir (avec les conséquences néfastes que cela pourrait avoir sur nos vies), il serait temps que nos dirigeants et nos élus (sénateurs, députés, conseillers départementaux, maires …) prennent le taureau par les cornes et inversent la tendance en jouant le jeu de la démocratie, la vraie. C'est à dire :
- Cessez de concentrer le pouvoir entre leurs mains en affaiblissant les contre-pouvoirs institutionnels afin d'éviter la montée des autoritarismes.
- Respecter les lois de la République. L'instrumentalisation de la justice et la corruption sapent les fondements démocratiques et on assiste impuissants à la désagrégation de l'Etat de droit.
- Arrêter de manipuler l'information. Entre désinformation, mensonges et contrôle des médias au main des ploutocrates, il n'y a plus de place à la liberté d'expression et pour la formation d'une opinion éclairée.
- Restaurer et étendre les services publics proches de la population, y compris rurale. Remettre de l'humain au centre de nos échanges.
- Redonner confiance dans les institutions et cesser de marginaliser à tous crins les voix divergentes ou progressistes. Eviter de fragiliser davantage la légitimité démocratique.
- Réduire massivement et impérativement les inégalités sociales croissantes pour éviter les solutions populistes et/ou autoritaires et affaiblir le dialogue démocratique.
On doit envisager que si nous ne remédions pas aux manquements évoqués, leur combinaison conduise inexorablement à un reniement progressif de la démocratie.
Alors gouvernants, élus, secouez-vous les puces ... il y a du pain sur la planche.
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