Capitalisme d’État … ras-le-bol !
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Depuis les années 80, le pouvoir du capital s’est accru grâce à la concentration des capitaux et à l’ultra libéralisme. Les gouvernements influencés par le pouvoir structurel du capital et par les contraintes des marchés financiers optent en grand nombre, pour un capitalisme d’Etat.
Dans ce système l’État intervient fortement pour garantir la rentabilité du capital (subventions, allègements fiscaux, prêts, garanties publiques).
Les risques économiques sont assumés par la puissance publique, tandis que les profits bénéficient aux entreprises et à leurs actionnaires.
L’État, qui dépend de l’impôt et de l’endettement, favorise l’accumulation du capital et les politiques publiques convergent dans ce sens.
Ce qui s’est traduit chez nous en France par :
Un baisse importante de la part des employeurs dans le financement de la Sécurité sociale, compensée par une augmentation des contributions de l’État.
Une augmentation des impôts proportionnels, (CSG, TVA…) tandis que la progressivité fiscale a fortement diminué notamment pour les hauts revenus, impactant davantage les ménages modestes.
Des aides publiques de plus en plus importantes aux entreprises tout en se retirant du pouvoir de décision sur l’allocation du capital. Finalement l’Etat finance un pilotage privé de l’économie.
Pourtant, malgré ces aides importantes, le taux d’investissement des sociétés non financières a baissé. Ce qui signifie que la dépense publique supplémentaire ne stimule plus significativement l’investissement, l’emploi ou la croissance. L’efficience marginale des aides publiques diminue et se résume désormais à nourrir des effets d’aubaine pour les entreprises sans provoquer de réels changements dans l’économie productive.
ET, voilà maintenant des années que les différents partis et gouvernements, indépendamment de leur orientation idéologique, adoptent des politiques très similaires sur les grandes orientations économiques et financières.
Cette homogénéisation politique participe à la difficulté de remettre en cause le modèle socio-économique dominant et confère au capital un droit de veto implicite sur les orientations économiques du fait de la dépendance financière de l’Etat à l’accumulation capitaliste. Toute politique qui menacerait la rentabilité privée risque d’entraîner une fuite de capitaux ou des sanctions économiques soit peu de marge pour des politiques transformatrices.
Ce « droit de veto implicite » socialise les pertes (prises en charge par l’argent public) tout en privatisant les profits (captés par les actionnaires).
Il réduit l’efficience marginale des aides publiques, car ces soutiens ne garantissent pas nécessairement plus d’investissement productif.
Il participe à l’homogénéisation politique, car tous les gouvernements tendent à sécuriser les détenteurs de capital plutôt que de transformer le modèle économique.
Le « droit de veto implicite » du capital est un verrou politique et démocratique qu’il devient urgent de questionner et de dépasser. Cela réduit la diversité des choix politiques offerts aux citoyens et entretient le sentiment de résignation ou de méfiance envers la politique traditionnelle.
Le capitalisme d’État, présent en France, Chine, États-Unis et ailleurs, ne sert pas l’intérêt général et on doit envisager une économie plus socialisée, avec des investissements publics et une gestion différente des entreprises.
Il nous faut renforcer la démocratie économique en associant citoyens et salariés aux choix stratégiques des entreprises.
Il nous faut conditionner les aides publiques à des résultats en matière d’investissement productif et de transition écologique.
Il nous faut repenser le rôle de l’État non comme garant de la rentabilité privée, mais comme moteur de l’intérêt général.
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