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Traverse

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blog de l'écologie politique meusienne

Droit International

Philippe G. —

Aujourd’hui, deux pressions bien distinctes mettent le droit international en danger. La 1ère est le fait de certaines puissances qui pensent pouvoir impunément affaiblir les normes et règles actuelles et les tourner à leur avantage (invasion de l’Ukraine, génocide à Gaza, enlèvement de Maduro, guerre israélo-américano-iranienne). Toutes ces actions ont été menées sans aucunement rechercher une quelconque approbation de l’ONU et encore moins celle des partenaires historiques. La même logique du plus fort existe dans le commerce, la technologie et les migrations. Le fameux deal : tu dis oui ou tu dis oui.
La deuxième est plus insidieuse. C’est celle du silence et de l’ambiguïté plutôt que de prendre position de façon claire en refusant la loi du plus fort et en défendant le droit international et les valeurs de respect et d’entente qu’il recouvre. Nos dirigeants sont nombreux à se taire ou pire à émettre un « en même temps » rempli d’hypocrisie, de duplicité et de lâcheté. Ainsi Macron reconnaît l’existence d’un état palestinien (après tant d’autres et bien tardivement, Gaza étant devenu un champ de ruines) et continue un commerce soutenu avec Israël, laisse l’avion de Nethanyaou traverser, à plusieurs  reprises, l’espace aérien français alors que celui-ci est recherché par la CEJ (cour européenne de justice)  qui l’en empêche. 
Ces dirigeants abandonnent toute résistance, toute position morale forte. Ils pensent que le poids des bombes est supérieur à celui des mots et des valeurs et que de se tenir cois et frileux leur permettra d’amadouer les «  méchants puissants » et d’attirer leurs bonnes grâces. Pour l’heure, ils n’ont récolté que mépris et insultes de la part des Trump, Poutine et Nethanyaou. Ils oublient que « lorsque les règles communes disparaissent, ce n’est pas la concorde qui advient mais la rivalité. Et cela conduit au conflit et à la pauvreté pour tous. Ou presque pour tous. Il faut bien comprendre que ce que nous tenons pour acquis et qui rend nos vies décentes – la croissance économique, des marchés qui  fonctionnent, la protection sociale - repose sur la stabilité internationale et la paix. Le multilatéralisme n’est pas un idéal abstrait - c’est une réalité quotidienne. »
Le retour de l’impérialisme quelque soit sa forme ou sa localisation est une régression. Il serait, de plus, en totale incapacité de régler les problèmes majeurs actuels : réchauffement climatique, migrations, invasion de l’IA, accélération technologique,… Pour s’en convaincre, examinons les politiques sociales, informationnelles, migratoires, climatiques,… aux USA, en Russie, en Israël, en Corée du nord…
Bien au contraire, les contraintes actuelles nécessitent le renforcement du droit international et une coordination globalisée et partagée par des institutions internationales renforcées.
Cela suppose de vouloir majoritairement des réformes importantes :
Celle du fonctionnement et de la composition du Conseil de sécurité des Nations Unies.
Le système doit devenir plus démocratique et inclusif en faisant une vraie place aux pays émergents.
« Enfin, nous devons renforcer les capacités de contrôle et de coercition des institutions chargées de la sécurité mondiale. Les normes n’ont de valeur que si on peut s’assurer qu’elles sont respectées, les défendre, les faire appliquer. Depuis trop longtemps, ceux qui enfreignent les règles communes dorment sur leurs deux oreilles, tandis que ceux qui les respectent se contentent de publier des communiqués faisant état de leur « profonde préoccupation ». Cette situation ne peut perdurer : la « préoccupation » doit changer de camp. Il est temps que ceux qui violent les règles soient soumis à la pression internationale. Et que ceux qui défendent ces mêmes règles agissent avec la détermination que le moment exige. »
« Il faut donc envisager la crise actuelle non comme un déclin du multilatéralisme, mais comme une épreuve permettant de tester notre détermination à le rénover. Nous avons une occasion - comme il ne s’en présente qu’une par génération - de réformer, au lieu de les abandonner les règles, normes et institutions communes qui rendent la coopération mondiale possible. Sans elles, ce qui passe pour du réalisme se transforme rapidement en quelque chose de bien plus brutal : la loi du plus fort ».
P.S : toutes les citations entre guillemets sont issues de l’article très éclairant de Pedro Sanchez, 1er ministre espagnol, dans le Monde Diplomatique d’avril 2026.  Il m’a permis de commettre le mien et je lui tire un très grand chapeau. Si seulement d’autres dirigeants lui emboîtaient le pas…  
 

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