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Traverse

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blog de l'écologie politique meusienne

Annulation et gels de crédits du budget ESS : le gouvernement trahit ses engagements, le terrain paie le prix fort

Olivier T. —

L’ESS, victime d’un mépris politique assumé
Depuis des années, l’Économie Sociale et Solidaire (ESS) est le parent pauvre des arbitrages budgétaires. Pourtant, ce secteur, qui porte des valeurs de solidarité, d’écologie et de justice sociale, est le seul à proposer une alternative crédible au capitalisme prédateur. Mais à quoi bon ? Le gouvernement, après avoir multiplié les discours élogieux sur l’ESS, sabote méthodiquement ses moyens d’action.
En 2023, 50 millions d’euros de crédits gelés. En 2024, 30 millions de plus. En 2025-2026, la même logique de l’étouffement se poursuit, sous couvert de « rigueur budgétaire ». Mais de quelle rigueur parle-t-on ? Celle qui sacrifie les plus fragiles pour épargner les niches fiscales des plus riches ? Celle qui prive les associations de leurs subventions tout en offrant des milliards aux grandes entreprises ? L’hypocrisie est à son comble.
Et pendant ce temps, Bercy décide seul, ignorant les alertes des acteurs de terrain. Les concertations ? Une mascarade. Les promesses ? Du vent. Les conséquences ? Dramatiques.
Sur le terrain, c’est la catastrophe
1. Des structures qui ferment, des emplois qui disparaissent
L’ESS, c’est 2,4 millions de salariés et 240 000 entreprises qui œuvrent chaque jour pour une société plus juste. Mais aujourd’hui, ces acteurs sont à genoux :

  • 200 associations fermées en 2025, faute de financements.
  • 12 000 emplois supprimés dans un secteur qui, lui, crée de la cohésion et du lien social.
  • Des projets innovants abandonnés : épiceries solidaires, ateliers d’insertion, énergies renouvelables citoyennes… Tout cela part en fumée parce que l’État préfère financer les dividendes plutôt que les solidaires.

Exemple glaçant : À Lyon, une coopérative qui redistribuait des invendus alimentaires aux plus précaires a dû réduire de 40 % ses distributions. 40 % de moins de repas pour ceux qui n’ont déjà rien. Voici le visage de la « rigueur » macroniste.
2. Les territoires oubliés paient le prix fort
L’ESS est souvent le dernier rempart dans les zones rurales et les quartiers populaires. Mais aujourd’hui, ce rempart s’effrite :

  • Dans les campagnes, les maisons de services publics ferment, laissant les habitants avec de gros problème d’accès aux soins, à la culture, à l’emploi.
  • Dans les banlieues, les chantiers d’insertion et les épiceries solidaires voient leurs budgets fondre, alors que la précarité explose.

Le message est clair : pour ce gouvernement, les territoires déjà fragiles ne méritent pas d’investissement. Pourtant, c’est là que l’ESS fait la différence, là qu’elle sauve des vies.
3. La transition écologique sacrifiée sur l’autel de l’austérité
L’ESS est un laboratoire de la transition écologique : circuits courts, réemploi, énergies renouvelables citoyennes… Des solutions concrètes pour le climat. Mais sans une part de financements, ces initiatives meurent dans l’œuf.

  • 30 % des projets écologiques portés par l’ESS ont été annulés en 2025 (source : ADEME).
  • Les coopératives d’énergies renouvelables peinent à se développer, alors que la France dépense des milliards dans le nucléaire et les grands groupes.

Le paradoxe est accablant : on nous parle d’urgence climatique, mais on étouffe ceux qui agissent.
Que faire ? La révolte s’organise
Face à ce mépris, les acteurs de l’ESS ne restent pas passifs. La colère monte, et les solutions existent :
 Exigeons un budget sanctuarisé pour l’ESS :

  • Un fonds pérenne, à l’abri des gels de crédits.
  • Une loi de programmation pluriannuelle, avec des objectifs clairs : zéro fermeture d’association, zéro licenciement dans le secteur.

 Brisons l’omerta politique :

  • Un ministère dédié à l’ESS, comme en Espagne ou au Québec.
  • L’intégration systématique de l’ESS dans les grands plans nationaux (France 2030, plan pauvreté…).
  • Des sanctions contre les élus qui sabordent l’ESS : un vote contre l’ESS = un vote contre l’emploi et la justice sociale.

 Mobilisons-nous, citoyens !

  • Soutenons les structures locales : achats responsables, bénévolat, dons.
  • Faisons pression sur nos élus : un maire, un député qui ne défend pas l’ESS ne mérite pas notre voix.
  • Rejoignons les campagnes de mobilisation : « L’ESS, ça nous concerne tous », « Sauvez l’ESS, sauvez le lien social ».

Conclusion : L’ESS ou le chaos ?
Le gouvernement a fait un choix : sacrifier l’ESS sur l’autel de l’austérité. Mais ce choix, c’est le nôtre aussi. Silence = complicité.
L’ESS, ce n’est pas qu’une question de budget. C’est une question de société. Une société où la solidarité l’emporte sur l’individualisme, où l’écologie prime sur les profits, où le lien social compte plus que les dividendes.
Alors, on se tait ? Ou on se bat ?

Et vous, que comptez-vous faire pour défendre l’ESS ?
Sources : Avise, Observatoire de l’ESS, ADEME, RTES, Mouvement pour l’Économie Solidaire.

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