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Traverse

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blog de l'écologie politique meusienne

La survie de nos forêts en cause

Philippe P. —

Le changement climatique pousse les arbres — chênes, hêtres, épicéas — à perdre leurs feuilles en plein été, comme en automne, sous l’effet de la canicule. Un signe que leur système physiologique est en détresse. Pourtant, pendant des décennies, on a cru les forêts invincibles, capables de résister à tout… jusqu’à ce que la réalité nous rattrape.
Une fois de plus on a attendu l’asphyxie pour agir !
Il a fallu les canicules étouffantes de cet été pour que la France se lance enfin dans de vagues opérations de reboisement, comme si planter des arbres était une idée nouvelle.
Bien sur on a des idées !
On mise sur la migration… mais c’est trop lent : les arbres migrent naturellement vers le nord ou en altitude, mais pas assez vite pour échapper au réchauffement. Alors, on se tourne vers l’homme pour transporter des graines (comme le projet Alti’Chênes en Auvergne). Comme si on avait oublié que c’est nous, les premiers responsables de leur souffrance.
On compte sur l’adaptation génétique… mais on sabote le processus : oui, les arbres peuvent s’adapter (preuve : les chênes ont évolué génétiquement entre 1850 et aujourd’hui). Mais les vieux chênes, adaptés à un climat froid, deviennent un frein — alors on envisage de les stériliser ou les couper pour laisser la place aux nouveaux. On tue les ancêtres pour sauver l’espèce.
On continue à dégrader leur habitat : artificialisation, sécheresse, pollution… et on s’étonne que les forêts dépérissent.
Clairement, on a attendu que les arbres tombent malades pour enfin réaliser qu’ils étaient vitaux.
Maintenant, on se démène pour les sauver… en accélérant leur migration ou en éliminant ceux qui ne s’adaptent pas assez vite. Comme si la solution n’était pas, depuis le début, de protéger leur environnement plutôt que de jouer aux apprentis sorciers avec leur ADN. La nature s’adapte, certes, mais à quel prix ?
 

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